mardi 22 décembre 2009

« Il te sera beaucoup pardonné ! »

« Élevé dans un lupanar, entremetteur dès l’adolescence, outrage public à la pudeur vers l’âge adulte, renégat tout le reste du temps, Aristide Briand a une tendance naturelle, innée en quelque sorte, à ne connaître que le droit commun. » Léon Daudet.

Remplaçons Briand par Con-Bandit et la phrase précédente gardera toute sa force évocatrice. Vieux rogaton libéral-libertaire, caution morale du néolibéralisme, ce falso-rebelle de Daniel Con-Bandit, dont l’œuvre relève de la tératologie, est le parangon de vertu d’une société où la vertu est devenue le vice et la beauté un blasphème.

Cette bordille soixante-huitarde ne respecte rien : ni les ouvriers, ni la liberté d’expression (« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! »), ni même les enfants (ses discours laudatifs sur la pédomanie). Tartufferie à son acmé, ce crypto-terroriste qui insultait un ministre et mettait le feu à un pays à 20 ans, cet apatride ou citoyen du monde pour employer une terminologie plus à la mode, est devenu un honnête parlementaire de la machine européiste, fonctionnaire surpayé et propagandiste zélé du mondialisme dont l’écologie n'est que le cache-sexe.

Loin des évêques humanistes (Le Capital de Marx est leur nouveau missel) ou des incultes gauchistes sans-papiéristes (« idiots utiles du Système »), ce bon petit soldat à l’indignation calculée connaît son rôle : il s’en accommode à merveille au nom de l’idéologie du désir, ce néo-fascisme identifié par le philosophe marxiste Michel Clouscard. Pourquoi ? Parce que de condition bourgeoise, il peut jouir sans entraves, profité du sacro-saint Marché et vivre dans l’oisiveté tandis que les exploités du prolétariat s’aliènent au travail pour produire ses objets transitionnels de plaisir.

Dégueulasse finitude de l’idéologie libérale-libertaire dont les naïfs mutins de Panurge (i.e. les folliculaires appointés à Libé, les sociologues d’Etat ou les rebellocrates) pensent encore qu’elle est subversive. Être non-conformiste dans nos sociétés modernes revient à être fidèle à sa femme et à s’occuper de ses enfants (contrairement aux tapettes socio-démocrates à tendance libertaire dont la misère affective équivaut à leur vacuité intellectuelle).